Charles Jude, Paris Opéra étoile and protégé of Nureyev, talks about following in his footsteps.
Charles Jude: In His Footsteps
Rudi, mon ami…
Un jour, tu m’as pris sous ton aile et dans tes valises pour traverser le monde et l’ aventure commençait, nous ne nous sommes plus quittés!
Depuis ton départ tu as laissé un grand vide dans ma vie et je ne cesse de penser à toi.
Cette complicité, cette amitié, tant professionnelle que privée pendant 20 ans m’ont permis de mieux te connaitre.
Pour des générations de danseurs, tu étais et tu es encore le Dieu de la Danse. Tu as hissé cet Art au plus haut sommet.
Tu avais cette noblesse qui n’appartient qu’à peu d’élus. La Danse était ta Vie et ta vie était la Danse.
Tu y as d’ailleurs consacré toute ton énergie.
Tu avais l’esprit de découverte, la curiosité insatiable et cette audace qui t’a toujours animé.
A 23 ans, tu as pris une décision difficile celle de quitter ton pays sans retour possible. Tu avais choisi la Liberté!
La liberté de t’enrichir de toutes les cultures et de danser dans le monde entier.
Digne héritier des traditions de Petipa, tu as su revisité ses oeuvres et influencé plusieurs générations de danseurs par la beauté, la simplicité du geste avec cette grandeur qui anoblie le mouvement.
Mais tu mesurais l’ importance des recherches chorégraphiques de la danse contemporaine de Merce Cunningham, Martha Graham, Jose Limon, Paul Taylor et bien d’autres.
Tu as eu aussi envie d’ interpréter les oeuvres de M. Béjart, R. Petit, J. Neumeier, G. Balanchine, J. Robbins, la liste est trop longue a énumérer.
Tu as su déceler de jeunes chorégraphes: W. Forsythe, J. Kilian, Rudi van Dantzig, David Parsons, Michael Clark, qui sont à leur tour, maintenant, des références dans la danse.
Tu as aussi formé et surtout aidé de nombreux danseurs, et danseuses qui ont tous et toutes eu de grandes et belles carrières internationales.
Que dire de toi, grand danseur, de tes interprétations magistrales, superbes, avec cette élégance et cette animalité si caractéristiques, de cette exigence que tu t’es infligé tous les jours, de cette énorme capacité de travail, de cette technique incomparable, qui nous a laissé une image irremplaçable, à la limite complexante. Il fallait une dose d’ héroïsme pour reprendre ces rôles après toi.
Tu avais un magnétisme si particulier qui attirait l’intérêt de ton entourage et de tes amis. Et ce côté parfois même enfantin qui faisait que l’on te pardonnait souvent tout!
Tu aimais la vie, la fête mais par dessus tout la Danse!
Tu as toujours eu la nostalgie de ton pays même si tu en parlais peu. Tu n’aimais pas le système mais tu aimais TA RUSSIE.
Le monde de la Danse et de l’ Art te sont redevables d’avoir contribué à élargir les frontières et à passer par dessus les barrières Classiques / Modernes.
Ta fondation Rudolf Noureev perpétue ta vision de la Danse sous toutes ses formes, elle aide et finance les études de jeunes talents dans le monde entier.
L’ héritage que tu laisses derrière toi est énorme, exceptionnel pour les générations futures.
Cette hommage qui t’est rendu aujourd’hui au BOLCHOÏ à Moscou prouve que tu avais fait le bon choix car maintenant tu es rentré chez toi.
Tu resteras toujours près de moi. Ton ami fidèle.
Extract from A Week for Rudolf Nureyev at the Bordeaux National Opéra 2003
Rudolf Nureyev did not just pass on his knowledge; he personified the school of life for a dancer. We have, thanks to him, been trained in the four basic rules of life.
The first: do not waste your time: ‘you work in a profession for the young, a profession that will come to an end very quickly. If you do not do it now, it will be too late. Roles cannot be learnt when you are 40 years of age, they must be learnt before you are 25, at most 28, years old’.
The second: enrich yourself, open up your mind, look all around, take it all in, and put yourself in the position of understanding and interpreting the choreography, not just performing it. His way of communicating and passing on to us his boundless sense of curiosity made him a being of exceptional intellect.
The third: work. Never bank on your reputation or your successes. Go through your corrections as soon as the performance is finished. Rudolf insisted that his female and male dancers leave nothing out, following technical difficulties through to their logical conclusion even at the risk of falling.
The fourth: the stage, always the stage. We danced all over the place, in the best and the worst of places, often lacking technical support, often without rehearsals. But we danced and the audience seemed happy!
I try, in turn, to pass on these rules or these principles. Rudolf is there in my mind. I can still hear his voice, his wheeze, every time I correct a dancer. Just as he, when he corrected us, could probably hear the words of his own teacher in his head.
Remembering Rudolf
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